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Quand l’art investit les ponts des quais parisiens

Depuis le 23 juin, des artistes ont investi des ponts parisiens pour rendre hommage à l'écrin de la Seine : les quais. 
- HAROPA PORT (siège social)
- Direction territoriale du Havre
- Direction territoriale de Rouen
- Direction territoriale de Paris

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Cette opération intitulée, La Seine Artistique, est portée à l’initiative de la Communauté portuaire de Paris en partenariat avec HAROPA PORT et la Ville de Paris. Volonté : mettre le transport fluvial et les quais parisiens en lumière dans le cadre de l’accueil des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024 !

Cet événement est une rencontre entre art et patrimoine. Cinq artistes ont ainsi investi cinq ponts par des installations, des fresques et des projections pour le plus grand plaisir des usagers les quais : 

  • Amsted sous le pont de l’Alma, rive gauche 

Pour Amsted, la forme abstraite permet une interprétation propre à chacun, évoquant des éléments ondulatoires issus du monde organique ou marin. Tout comme dans un milieu où les conditions climatiques définissent un biotope, l’artiste réalise ses œuvres en fonction du lieu, du rayonnement solaire, de l’humidité et de sa surface de travail, pour une véritable interaction de ses pièces avec leur environnement. Elle crée ainsi sa propre biocénose, c’est-à-dire une communauté correspondant à l’ensemble des êtres vivants, du corps animal comme végétal.

À travers sa représentation graphique et ce projet éphémère, elle tente d’insuffler un nouveau regard, une attention au monde qui nous entoure. Elle élabore un croisement hybride entre ses créations et l’écosystème dans lequel elles évoluent, composé d’éléments de différentes natures où il est question d’une connexion dans la dynamique des formes.
Sous le pont de l’Alma, ses courbes organiques viendront adoucir son côté rectiligne, tout en faisant écho aux courants de la Seine. Le trottoir viendra accueillir son travail coloré pour la saison de l’été et ainsi interpeller le passant dans un quartier riche en monuments culturels. 

Autodidacte et engagé, Philippe Écharoux propose une nouvelle façon d’exercer l’art urbain. Ses projections urbaines à travers le monde sont connues sous le terme street-art 2.0. Délaissant les bombes aérosol, il utilise la lumière pour projeter ses graffitis et portraits la nuit sur les architectures et la nature, ne laissant ainsi aucune trace. Pour lui, l’art de rue doit remplir une mission sociale et environnementale.

"A-t-on vraiment besoin de penser pour rêver ? Cette phrase peut paraître évidente, idiote, sonne quelque peu comme une banalité, et pourtant ! Dans nos vies bien trop actives, où les sollicitations sont omniprésentes, prenons-nous vraiment le temps de rêver ? Prenez-vous le temps de vous assoir un instant et de vous laisser guider par vos pensées ?"
La technique de projection n’est ici pas anodine : projeter une idée lumineuse dans l’esprit des passants, c’est la raison d’être de l’œuvre. Philippe Echaroux souhaite que cette œuvre soit un signe pour certains qui passent là par hasard, un encouragement pour d’autres, ou tout simplement le plus fondamental des rappels pour nous tous. 

  • Erell - Aurélie Mathigot, sous la passerelle Simone de Beauvoir, rive gauche 

Actuellement designer et artiste, Erell expérimente au grand jour une forme d’appropriation éphémère de l’espace urbain. Son travail est issu du graffiti et plus précisément du tag. Au fil du temps et de ses études artistiques, sa signature a évolué pour devenir son écriture. Ses motifs adhésifs - les particules - sont une schématisation du tag qui, comme lui, prolifèrent et se répandent dans la rue.
Leur forme est pensée pour se démultiplier afin de générer une infinité de motifs « moléculaires » et de compositions géométriques qui interagissent avec l’architecture ou le mobilier urbain. 

Cette installation graphique fait écho à la nature en ville : les motifs viennent se propager tel un organisme vivant qui coloniserait l’édifice, créant ainsi une cohabitation artistique éphémère. Ces motifs viennent habiller le pont en soulignant ses lignes.

ID Textile investit et habille « sur mesure » des espaces (lieux privés ou publics, entreprises, installations événementielles ou durables).
Ses installations font sens avec l’identité d’un lieu, soulignent et font résonance à son histoire ou à son image, le dynamisent en créant un lien avec le public, invitent un nouveau regard décalé sur les « ouvrages » de dames en revisitant en version XXL l’échelle des techniques traditionnelles et le détournement de matières.
Duo mère-fille, Marion et Sylvie Breton, dans leur atelier ID Textile, créent des histoires en puisant leur inspiration dans des matières appelées à connaître une seconde vie.
Cet ensemble de lustres en lirette de drap et papier oppose la légèreté de l’ouvrage textile à l’imposante matérialité de l’ouvrage d’art métallique, tout en faisant un clin d’oeil aux lanternes qui ponctuent cette magnifique passerelle érigée en 1878. Dans ce projet, Marion et Sylvie mettent en lien les engagements responsables de l’entreprise Procédés Chénel (architectures de papier) en utilisant leurs déchets de production dont la vent est reversée intégralement à l’association Clowns Sans Frontières.

Artiste autodidacte, Sébastien Preschoux œuvre dans le domaine de l’art optique et cinétique depuis une dizaine d’années. Son œuvre, influencée par le mouvement Op Art et les enseignements du Bauhaus, réside principalement sur le travail de la ligne, de sa répétition et les effets cinétiques que sa démultiplication génère. Au-delà de l’aspect technique et rigoureux de son travail, l’artiste est en recherche permanente d’harmonie des couleurs et des formes, expérimentant sans cesse. Tridimensionnelles, les installations diffractent la lumière et trouvent dans le cadre naturel de leur implémentation un écrin évident.


L’idée de son installation sous la passerelle est de produire une installation jouant sur le cinétisme, donc se révélant et changeant des forme et couleurs en fonction de la déambulation des promeneurs. Cette installation s’inspire des reflets de la lumière sur l’eau ; les couleurs tentent de reproduire ces variations. La forme globale permettra cette sensation de grotte investie par des stalactites, en rendant modestement hommage à la pyramide du Louvre, dans l’axe de vision du pont.

 

Sous le commissariat artistique de Nicolas Laugero-Lasserre.

Les œuvres mettent ainsi en valeur ces véritables traits d’union entre les deux rives et les arrondissements de la ville. 

Rendez-vous jusqu'au 23 septembre 2022 sous les ponts Bir-hakeim, Alma, Marie et les passerelles L-S Senghor et Simone de Beauvoir !

© Laurent Guichardon